Paris Médiéval - Rive gauche

De Notre-Dame, nous  avons été jusqu’au bout de l’Ile de la Cité et nous avons traversé la Seine pour rejoindre la rive gauche.  Nous nous arrêterons en particulier : 

*        Rue de Nevers
*        24, rue du Sommerard - Musée Cluny
*        23, rue Clovis
*        Rue Valette - Collège de Fortet
*        29 et 31 rue Galande
*        Eglise Saint-Julien-le-Pauvre
*       
Eglise Saint-Séverin 
*        Rue de la Parcheminerie

 

Rue de Nevers
1899  Atget
(BNF)

Rue de Nevers

Nous avons atteint le bout de l’île et avons emprunté  le Pont-Neuf pour déboucher sous un grand porche qui nous mène rue de Nevers, une  vieille venelle sombre et étroite du XIIIème siècle.

Avant de nous y enfoncer, levons les yeux sur la voûte où sont reproduits des vers du Paris Ridicule écrit par Claude Lepetit en 1638. Ils nous rappellent que le Pont-Neuf était un repère de voyous, que j’imagine aisément surgir du fond de cette vieille rue, armés d’un nerf de bœuf pour apeurer et voler le passant égaré. Au XIIIème siècle, cette rue aux maisons protégées de barreaux constituait les limites de l’Hôtel de Nesles (remplacé plus tard par l’hôtel de Nevers) et le couvent des Grands-Augustins.

Prenons maintenant la rue Mazarine à gauche, continuons dans la rue de l'Ancienne-Comédie, puis Boulevard Saint-Germain et arrêtons-nous au Musée de Cluny.

Porte, Cluny
 1898 Atget
(Carnavalet)

Musée de Cluny - 24, rue du Sommerard

Nous passons devant le Palais des thermes romains, bâti au tournant du IIIème siècle, dont on peut encore admirer aujourd’hui d’imposantes ruines, notamment celles du frigidarium. Ce palais est devenu par la  suite résidence des rois francs qui s’y sont succédé. Plus tard vers 1330, l’ordre de Cluny fit l’acquisition du terrain et ce n’est que vers la fin du XVème siècle que les abbés décidèrent d’y bâtir une nouvelle demeure qui resta en leur possession jusqu’à la Révolution.
En 1833, Alexandre de Sommerard, passionné par le Moyen Age et la Renaissance loua une partie de l’hôtel pour y entreposer ses  collections. A sa mort, la Ville de Paris racheta le tout : collections, hôtel et thermes et en fit un musée.
Toutes les pièces du Moyen Age acquises par Sommerard s’y trouvent encore, tandis que celles de la Renaissance furent transférées au Musée de la Renaissance du château d’Ecouen. Il faut prendre le temps de visiter le musée Cluny et d’y admirer des chefs d’œuvre qui ont failli disparaître, tels que le portail de la Chapelle de la Vierge de Saint-Germain-des-Prés réalisé par Pierre de Montreuil, ou encore les imposantes Têtes des rois de Juda de la façade de Notre-Dame redécouvertes en 1977 par hasard.
Cluny est célèbre pour la suite des six tapisseries du XVème siècle de la Dame à la licorne, déclinant le thème des cinq sens et du désir.
Pour toute une génération,
la Dame à la licorne jouant délicatement de l’orgue pourra évoquer plus particulièrement les cours de français et la 
couverture inoubliable du Lagarde et Michard consacré au XVIème siècle.

Musée de Cluny
1903 - Atget
(Carnavalet)

Montons vers la Montagne Sainte-Geneviève et dirigeons-nous vers le lycée Henri IV.

  • Lycée Henri IV
    23, rue Clovis
    Ancienne Abbaye
    Sainte Geneviève
    fondée par Clovis en 511

    1900 Atget
    (Carnavalet)

La tour Clovis - 23, rue Clovis

Tour Clovis
Lycée Henri IV
1900 Atget

Montons vers la Montagne Sainte-Geneviève et dirigeons-nous vers le lycée Henri IV. Ce prestigieux établissement englobe quelques vestiges de l’abbaye Sainte-Geneviève, grande rivale à son époque de Saint-Germain-des-Prés par sa richesse et sa taille.

De cette époque subsistent essentiellement l’ancien réfectoire des moines construit au début du XIIIème siècle (actuellement chapelle du lycée) et la tour Clovis, clocher de l’ancienne abbatiale détruite lors du percement de la rue Clovis en 1807. L'église Sainte-Geneviève fut rebâtie au XIIème siècle après la destruction de celle construite par Clovis en 510, où il fut enterré en 511 près de la tombe de la patronne de Paris.